Aller au contenu

Bulletin épidémiologique – Semaine 12

Du 22 au 28 Mars 2021

Résumé de la situation actuelle:

  • La situation épidémique s’aggrave significativement.
  • Sur une semaine, la France a enregistré la remontée de 262 986 nouveaux cas et 2 335 nouveaux décès, incluant un rattrapage sur les décès en EHPAD, qui n’étaient plus remontés depuis le 17 mars.
  • A l’échelle nationale, au 25/03, l’incidence sur 7 jours s’élève à 362. Elle est semblable à celle de la mi-octobre (359). L’incidence a augmenté sur 7 jours dans toutes les régions métropolitaines ainsi qu’en Martinique, Guyane et à la Réunion. L’Ile-de-France, les Hauts-de-France et PACA ont des incidences au-dessus de la moyenne, entre 400 et 650. La Corse, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine sont les moins impactées, tout de même entre 150 et 200.
  • Au 25/03 en métropole, 73 départements ont une incidence sur 7 jours supérieure à 200, 22 supérieure à 400, 11 supérieure à 500, et 4 supérieure à 600.
  • L’incidence sur 7 jours augmente dans toutes les classes d’âges. Elle est supérieure à 400 chez celles comprises entre 10 et 49 ans. Elle a pratiquement doublé en 3 semaines chez les 0-9 ans (200 vs 110).
  • Le taux de positivité demeure élevé et est passé de 7,6% à 7,9% en semaine glissante. A l’exception des 0-9 ans et des 90 ans et plus, ce taux augmente dans toutes les tranches d’âges, et est supérieur à la moyenne chez celles comprises entre 10 et 69 ans.
  • Au cours de la semaine, 1 543 348 personnes ont reçu une première dose de vaccin, 221 819 une seconde dose.
  • Depuis le début de la vaccination, 11,5% de la population a reçu une dose et seulement 4,0% a été complètement vaccinées. 46,3% des 70 ans et plus ont reçu une dose, 18,5% ont reçu deux doses.
  • Au 28/03, les hospitalisations en cours s’élèvent à 27 712, et les soins critiques à 4 872, très proches du pic de la 2e vague (4 903). Les baisses du nombre d’hospitalisations des 80-89 ans et 90 ans et plus se sont interrompues. Elles amorcent même une nouvelle hausse chez les 80-89 ans. Elles continuent d’augmenter chez les 30-79 ans, et retrouvent le niveau de leur pic de la 2e vague chez les tranches d’âge entre 30 et 69 ans. En soins critiques, ces mêmes tranches d’âge ont dépassé leur pic de la 2e vague. Les 40-49 ans y sont désormais plus nombreux que les 80-89 ans, ce qui fut déjà le cas lors du pic de la 1e vague mais pas lors de la 2e vague.
fr
Les nouvelles hospitalisations sont en nette hausse de 15,8%, et les nouvelles admissions en soins critiques de 13,2%. Dans les deux cas, les entrées restent supérieures aux sorties, ce qui conduit à l’augmentation des hospitalisations et soins critiques en cours. Les hospitalisations en cours se rapprochent de leur pic de début février, tandis que les soins critiques en cours sont pratiquement revenus à leur pic de novembre. Les décès hospitaliers sont en très léger recul, plutôt stables et élevés sur les 3 dernières semaines. Les nouveaux retours à domicile sont en augmentation.
Les hospitalisations augmentent dans la plupart des tranches d’âges. Elles ont cessé de baisser chez les 80 ans et plus. Celles entre 20 et 59 ans dépassent désormais leur pic de novembre. Les 60-69 ans se rapprochent de ce pic, tandis que les 70-79 ans sont remontés à leur niveau de début février. Le pic des soins critiques de novembre est dépassé pour les tranches d’âges comprises entre 20 et 69 ans.
Le nombre de personnes testées augmente dans toutes les tranches d’âges, y compris chez les plus âgées. A l’exception des 0-9 ans et des 90 ans et plus, le taux de positivité est en hausse dans toutes les tranches d’âges. Il est le plus élevé chez les 40-49 ans, à près de 10%, puis chez les 50-59 ans, à plus de 9%. Le taux de croissance du nombre de personnes testées positives (+18,3%) reste supérieur à celui du nombre de personnes testées (+14,3%), ce qui corrobore une augmentation de la circulation virale.

Les taux d’incidence continuent d’augmenter dans toutes les tranches d’âges. Ils dépassent 400 chez les 10-19 ans, les 20-29 ans, les 30-39 ans et les 40-49 ans. L’incidence est pratiquement à 500 (499) chez les 20-29 ans, tranche d’âges où elle est la plus élevée. Elle a quasiment doublé en 3 semaines chez les 0-9 ans et en 4 semaines chez les 10-19 ans. A l’exception de la Guyane, tous les départements métropolitains et d’outre-mer sont au-dessus du seuil d’alerte de 50. L’incidence a cependant augmenté de 55% en Guyane, où elle se situe désormais à 46. La Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise affichent un taux d’incidence proche de 800, soit plus du double que le taux moyen, qui se situe à 362. Après un recul de 4% en semaine 11, l’incidence dans les Bouches-du-Rhône accuse une augmentation de 27%, à 431. Le Gard connaît une croissance similaire (+26%) après un recul de 3%, tandis que l’incidence augmente de 20% dans le Var après avoir stagné. Elle continue d’augmenter significativement dans le Vaucluse (+35%, après une hausse de 19% en semaine 11).

Après un ralentissement en semaine 11 et la suspension durant quelques jours de l’utilisation du vaccin AstraZeneca, le rythme de la vaccination s’est réaccéléré pour les 1e injections en semaine 12. Celui des 2e injections ne progresse pas. La part de la population ayant reçu au moins une dose a franchi le seuil des 10%, tandis que celui des 2e injections atteint péniblement les 4%. Depuis début mars et contrairement au mois de février, les 1e injections apparaissent nettement privilégiées par rapport à la vaccination complète, bien qu’il y ait eu une augmentation significative des 1e injections il y a 4 semaines.

Par Eric Billy, David Simard et Germain Forestier pour le Collectif